« Lorsque mon enfant fait une crise je ne sais pas comment la gérer ! Quoi dire ! Je suis dépassé et énervé ! »
Peut-être vous sentez vous perdu face aux crises de colère, aux hurlements de votre enfant ? Vous ne savez plus quoi faire ? Ni comment réagir…
Dans cet article, je vous propose, un « processus » sur lequel vous pouvez vous appuyer et surtout que vous devez vous approprier. Ce sont des propositions d’actions. Gardez en tête que vous connaissez votre enfant mieux que personne ! Faites-vous confiance est le règle d’or : Lorsque vous lui dites quelques choses, croyez-y aussi fort que vous le pouvez ! L’enfant ressent quand il y a une faille et il ne manquera pas de s’y glisser.
7 étapes pour apaiser votre enfant
Arriver à calmer son enfant dans un moment de crise n’est pas toujours chose évidente. Néanmoins, il peut être utile de savoir comment gérer les crises de votre enfant. Je vous propose une sorte de pense-bête sous forme d’étapes. Pourquoi les étapes ? Car lorsque l’on reprend notre enfant il est important de penser avant d’agir ! Ainsi faire les choses dans cet ordre permet d’éviter, dans la mesure du possible, de se retrouver face à un mur, car nous sommes allés peut-être trop vite dans ce que nous avons mis en place…
Une des clés pour apaiser votre enfant est la parole et l’écoute que chacun s’accorde au sein de la cellule familiale. Cela désamorce beaucoup de conflit. Expliquez tout à votre enfant : pourquoi vous dites non ? Pourquoi c’est interdit ? …. Cela lui permet de comprendre le danger ou la bêtise.
PS petite astuce : Lorsque vous parler à votre enfant, mettez-vous à sa hauteur. Cela ouvre le dialogue et votre enfant sera plus attentif.
1ᵉʳ Étape – Détourner l’attention
En premier lieu, essayons d’éviter la crise. Généralement, les parents sentent qu’ils vont perdre le contrôle de la situation. Ou bien ils savent que cette situation a toujours comme réponse : une crise.
Ainsi, essayons de « tourner » les actions qu’il refuse de faire en JEUX. Pour tous les enfants, la vie est un jeu. Faites diversion en mettant en place des stratégies qui l’aideront à faire volontiers et avec envies ce qu’il doit faire.
Par exemple : il faut qu’il s’habille. Encore une fois, il refuse ! Détourner son attention en lui demandant de vous montrer s’il arrive à monter une jambe tout seul, puis l’autre, puis s’il sait lever les bras … Généralement, les petites techniques de diversion fonctionnent assez bien. Seul petit problème, il faut souvent se renouveler, car ils comprennent assez vite le petit manège…
2ᵉ Étape – Ne cédez pas
Cher parents, je sais que ce que je vais dire est difficile, mais pour que votre enfant comprenne et sache qu’il peut avoir confiance en vous, il faut toujours mettre à exécution ce que nous disons….
La notion de confiance est importante. Effectivement, un enfant a besoin de cadre pour se construire. Avec ce cadre, vous lui offrez une sécurité. La sécurité, l’interdit, la notion de danger. Un enfant ne connait pas les limites de la société, la loi, les obligations, les dangers… Votre rôle, lui apprendre en répétant encore et encore pendant parfois des mois entiers. N’ayez crainte, un jour il le comprendra !
3ᵉ Étape – Restez calme
Ensuite, toute crise ne peut pas trouver de diversion. Alors essayez de garder votre calme un maximum. Cela vous permettra de prendre votre enfant dans les bras. Le fait de le prendre aux bras le sécurise.
Pour ma part, je tente de capter son attention en lui parlant doucement dans l’oreille. Je lui demande de se calmer, je lui dis que je suis là, je lui demande de m’écouter, et je lui dis que nous allons essayer de comprendre ce qu’il se passe et ce qu’il voudrait. Poser des mots avec une voix douce vous apaise vous (et dans ces moments-là le parent a parfois grand besoin de se calmer avant l’enfant…) et apaise aussi l’enfant. EFFET GARANTI !
À ce moment précis de la crise, votre enfant manifeste qu’il ressent un sentiment qu’il n’arrive plus à gérer !
Si la crise est trop forte, n’hésitez pas à mettre votre enfant dans sa chambre en lui expliquant qu’il faut qu’il se calme afin que vous puissiez l’aider car dans cet état-là personne ne va arriver à se calmer. Autorisez-vous à dire à votre enfant que vous aussi vous êtes en colère et qu’il faut que vous vous calmiez aussi.

4ᵉ Étape – Guidez ses émotions
Mettre des mots sur ce qu’il semble ressentir. L’enfant se sait pas forcément pourquoi il crie, ni que ce qu’il ressent au fond de lui, c’est de la colère. Que s’il pleure, c’est de la tristesse… Je sais qu’il est difficile de prendre sur nous lors des colères de nos enfants, surtout en fonction du lieu et des personnes qui nous regardent. Néanmoins, l’enfant a besoin d’être accompagné dans ce qu’il ressent et surtout comment arriver à faire différemment à l’avenir. Donnez-lui des pistes d’actions pour les prochaines fois où il ressent telle ou telle émotion.
5ᵉ Étape – Expliquez vos gestes
Toujours prévenir votre enfant de ce qu’il va se passer s’il fait l’inverse de que vous lui demandez.
En effet, arracher des mains un objet, ou faire des choses à sa place n’aide pas à apaiser les tensions. Si vous y arrivez, essayez plutôt :
« Si tu jettes cet objet au sol, je serai obligée de le retirer et tu ne pourras plus jouer avec. Il est fragile et tu peux le casser si tu le jettes ! «
6ᵉ Étape – Faites un bilan post crise
Toujours reprendre, reparler avec votre enfant de ce qu’il s’est déroulé. Parler avec votre enfant vous permet de passer à autre chose: les parents ont souvent beaucoup plus de difficultés à redescendre de la colère que les enfants.
Autorisez-vous à lui demander de vous expliquer ce qu’il vient de se passer. Essayez de mettre en lien ses actions avec vos réactions. Ainsi, l’enfant sera plus enclin à comprendre le lien de cause à effet. Par exemple :
« Tu vois là, tu as jeté ce jouet alors que maman t’avait demandé de ne pas le faire, car tu peux le casser ou faire mal à quelqu’un. Maman t’avait prévenue que si tu le jetais, tu ne pourrais jouer avec… Tu l’as jeté, maman te le retire des mains. »
7ᵉ Étape – Passez le relais
Passer le relais, l’aide, le soutien et l’appui de votre conjoint, d’un membre de votre famille.
Lorsque vous vous trouvez au point de non-retour, face à un enfant qui ne décolère pas, vous finissez dans le même état de nerf, ou pire encore… Demander à une tierce personne de s’occuper de votre enfant peut vous aider à vous apaiser, mais aussi montrer à votre enfant que les réponses face à son comportement sont les mêmes ailleurs. Ainsi, votre parole prend sens doucement.
J’entends souvent, dans le cadre de mon travail, des parents qui ne veulent pas gronder leur enfant de peur que leur enfant ne les aime plus…
Mettre des règles, des limites et gronder votre enfant n’a aucune influence sur l’amour qu’il vous porte.
Au contraire, les limites bordent et rassurent les enfants. Un enfant avec des limites est un enfant plus rassuré dans le monde qui l’entoure et aussi un enfant qui peut avoir confiance en adulte.
Le métier de parent, l’éducation est loin d’être une chose facile. Personne ne rencontre aucun conflit avec leur enfant. Nous y sommes tous confrontés, alors courage. Le résultat est long à venir, mais vous en serait fier.
N’hésitez pas à partager vos difficultés, questionnements autour de cette épreuve. Je suis aussi là pour vous soutenir si vous en ressentez le besoin.
Prenez soin de vous.