L’entrée à l’école : Confidences pour confidences

Une étape : l’entrée à l’école. Voilà que mon fils grandit et qu’il est arrivé à ses 3 ans. J’étais consciente que ça allait être une étape pour lui et pour moi ! Cependant, je ne pensais pas que ça allait être aussi compliqué pour moi. Je vais également vous raconter le parcours crèche de mon fils qui a peut-être contribué à mon angoisse.

Les étapes de 0-3 ans

Mon fils est entré à la crèche très jeune. À ces 4 mois, j’ai dû reprendre le travail et arrêter l’allaitement. Cela a été une étape très compliquée pour moi. Devoir me séparer de mon fils été déjà difficile, mais arrêter l’allaitement pour reprendre le travail, cela a été un déchirement. Oui ! Certains m’affirmeront que je pouvais continuer l’allaitement malgré la reprise du travail.

Sauf que mon travail se trouvait à plus de 30 min (quand c’est aux bonnes heures) en voiture de la crèche. Il me fallait donc plus d’une heure et demi de pause pour faire l’aller-retour + le temps de l’allaitement. Autant vous assurer qu’avec mon travail, cela est tout simplement IMPOSSIBLE. Étant donné que je n’ai pas de pause entre midi et deux, je mange avec les enfants avec lesquels je travaille. Pour rappel, je suis Éducatrice Spécialisée travaillant auprès d’enfants présentant des troubles du comportement.

Donc, il entre en crèche à ces 4 mois. En faisant les aller-retours tous les matins et tous les soirs, les trajets sont longs et angoissants. Je ne sais jamais si je vais arriver à l’heure au travail et si le soir il ne va pas y avoir un incident sur la route qui va me faire prendre du retard pour récupérer mon fils. J’ai alors demandé s’il était possible de le changer de crèche à ses 6 mois.

Changements de crèche

Nouvelle étape : Le transfère dans une crèche de la même association, mais à côté de chez moi. Une fois que cela est fait, mon quotidien avait bien changé, et cela, pour mon plus grand plaisir… MAIS, arrivant vers le mois de mai de cette année-là, la crèche m’apprend que ma place pour l’année prochaine n’est pas reconduite…

Me voilà en MAI cherchant une nouvelle crèche pour le mois de SEPTEMBRE : une vraie mission impossible quand on sait combien de temps avant la naissance de l’enfant, il faut s’y prendre pour obtenir une place en crèche….

Heureusement, je suis rapidement mise en relation avec une crèche qui se situe juste à côté de mon travail ! YES YES YES soulagements !

Encore une étape, se familiariser avec le personnel, le fonctionnement… mon fils a alors 1 an.

Au moment de la signature du contrat avec cette nouvelle crèche une de mes premières questions a été :

« Est-ce-que ma place est garantie pendant 2 ans ?  » 

Je me souviendrai toujours de sa réponse. La directrice était étonnée des événements qui avaient pu se produire et m’a rassurée sur ce point !

Mon fils a beaucoup évolué dans cette crèche, je l’ai découvert, j’ai appris à le connaitre dans ses réactions, ses capacités et ses interactions avec les autres.
C’est à ce moment-là que j’ai appris que mon fils est un suiveur, et qu’il s’allie aux enfants plus « agité », qu’il aime faire des bêtises et tenir tête aux adultes.
Ainsi, mon fils reproduit ce que ses amis font et le modèle n’est pas toujours celui j-que j’ai essayé de lui inculquer pendant 3 ans.

L’évolution des différents lieux de garde : la crèche (la nounou, papa ou maman) puis l’entrée à l’école

Questionnements

Justement, ne suis-je pas l’initiatrice de ce comportement. Je lui rabâche encore et encore qu’il faut faire comme ceci ou cela. Peut-être a-t-il voulu tester l’autre manière de faire ?

J’ai traversé des moments très difficiles dans sa construction identitaire (qui n’est pas terminée d’ailleurs). Parce que j’ai un modèle d’enfant en tête que je ne veux surtout pas qu’il puisse devenir (mon côté professionnel…) et par mes mots et mes palabres, j’ai sûrement fait tout l’inverse de ce que je souhaitais faire…. Heureusement que mon chéri, le père de mon fils, voit cela d’un regard beaucoup plus détaché et objectif… À force de parler, expliquer, avouer ce que je pensais de moi et de ce que mon fils faisait ; qu’il a su me faire voir ce que mon fils faisait d’un regard moins analytique. Mon côté professionnel prenait le dessus sur ma part de « simple maman ». Savoir se détacher de ce que l’on voit au quotidien au travail est très difficile. Surtout quand cela touche des enfants. Le transfert est rapidement fait sur votre propre situation.

Évolution de mes questionnements

Eh vous savez quoi ???? À partir du moment où j’ai ouvert les yeux sur ce que je vivais à travers de ce que mon fils faisait, le comportement de mon fils a littéralement changé ! C’est assez fou !

Dans ma profession on nous l’apprend : ce que vous ressentez, l’enfant le ressent et s’y engouffre ! Mais, quand cela touche votre enfant les sentiments se mélangent et tout part dans tous les sens !

Ainsi, mon regard sur mon fils évolue et mon fils évolue, il y a aussi un peu de cela je pense… Le bébé devient petit garçon et se détache de maman. Il est capable de faire des choix, de dire ce qui ne lui va pas et ce qu’il pense ! Oui, mon bébé devient grand et va entrer à l’école !

L’entrée à l’école

La dernière année de crèche, mon fils ne parle que de l’école ! Naturellement, je me rassure, je me dis que l’entrée à l’école va bien se dérouler ! Il ne sait pas ce qui lui attend, mais il en a envie ! C’est le plus important.

Angoisse de séparation

Jeudi 2 septembre : Jour J. Je prépare mon fils, nous arrivons à l’école, que nous n’avons pas pu visiter, car COVID… Découverte des lieux. Nous devons attendre que tous les enfants arrivent et nous attendons dans la cour de récréation assez longtemps : trop longtemps à mon gout (je me dis que la séparation risque d’être difficile). Nous finissons par entrer dans la classe. Mon fils m’avait déjà dit qu’il ne voulait pas que je parte à plusieurs reprises…

Une fois les enfants assis sur leurs chaises, la maitresse nous dit que le mieux c’est de partir sans se retourner, qu’ils ont l’habitude et que cela va bien se passer ! Au mot « partir », je vous jure que mon fils me regarde d’un coup et attrape ma main en me disant

« Non maman, tu ne pars pas »

Je lui explique rapidement que je n’ai pas le choix et que je viens le récupérer pour manger à la maison ! Il retient ses larmes et cela se voit ! Puis, alors que nous passons la porte, nous attendons un hurlement, digne d’un animal je vous le jure, tout le monde s’est retourné d’un coup ! C’était mon fils …. Déjà que je n’étais pas trop bien alors là…..

Nous partons sans nous retourner. VIVEMENT 11 h 30 !

11 h 30 : Il est tout sourire, la maitresse nous dit même

« Un grand garçon qui n’a pas pleuré »

J’ai d’abord pensé qu’elle faisait de l’humour, mais non elle est honnête ! Mon fils ferait-il un peu exprès…. !? Sent-il que maman n’est pas très bien avec cette rentrée ?? Mais, c’est sûr que oui ! Petit coquin !

Les jours suivants ont été TRÈS éprouvants, pour moi ! Et, mon fils en joue beaucoup, il me le dit clairement et avec un grand sourire :

« Tu sais maman, je vais pleurer quand tu vas partir »

Je lui demande alors si après mon départ il pleure beaucoup ? Savez-vous ce qu’il me répond ? :

« Non maman, quand tu pars je ne pleure plus !… »

Puis, un matin, il m’a dit qu’il ne va pas pleurer. Depuis ce jour, mon fils ne pleure plus et je le laisse à l’école avec le cœur beaucoup moins lourd ! J’arrive à passer mes journées sans penser à comment il se sent.

« Au revoir maman »

La première angoisse est passée YOUPI ! Il a fallu un bon mois tout de même !

L’entrée à l’école : apprentissage des dessins et travaille sur l’imagination

Angoisse du comportement à l’école

Place à la seconde angoisse maintenant : Est-ce que mon fils respecte bien les règles de l’école ? Comment se passent ses journées ? Au vu de son comportement à la crèche, qui était pour moi pas toujours simple à entendre, je m’attends à tout moment à ce que l’on me raconte des choses … Le mois de septembre s’écoule et je reçois beaucoup d’éloge de la part des maitresses et des tatas. Puis le mois d’octobre, j’entends qu’il commence à faire le coquin…. il reproduit les petites bêtises des autres, l’expression « l’effet de groupe » prend tout son sens avec mon fils ! Mais, n’étant pas à l’initiative des bêtises, l’école ne me raconte pas tout ! UN VRAI CHANGEMENT PAR RAPPORT À LA CRÈCHE !

Mon fils grandit, et il grandit bien, il continue à s’associer avec les enfants à bêtises, cela le fait beaucoup rire…

Alors ce que je me dis au maximum, c’est : laisse grandir ton fils, laisse-le faire ses expériences en gardant toujours un œil sur lui.

Cette phrase prend tout son sens, quand je récupère mon fils à l’école et que je lui dis que j’ai eu des échos affirmant qu’il reproduit les bêtises en classe … Le regard et la réponse de mon fils à ce moment-là m’ont beaucoup fait rire intérieurement ! En effet, il est resté un peu sans voix que je sois au courant et sa première réponse a été :

« C’est vraie maman, mais je vais plus le faire ! »

J’ai alors essayé de lui expliquer qu’une fois en classe, il faut écouter la maitresse et qu’il faut travailler. Puis, au moment de la récréation, il peut jouer et s’amuser avec ses copains ! Il m’a répondu :

« Oui j’ai compris maman ! Mais, si je veux me mettre par terre en classe j’ai le droit ? »

Je n’ai pas compris tout de suite ce qu’il me disait et il m’a montré ce qu’il faisait. Je lui ai répété qu’il pourrait le faire au moment de la récréation, mais pas dans la classe quand tout le monde apprend et travail. Il a acquiescé…

Parler, parler encore et encore, expliquer les choses, rabâcher, c’est mon quotidien, c’est notre quotidien de parent !

L’école, c’est ….

L’école, un lieu ou l’enfant apprend beaucoup de choses :

Des choses utiles : apprendre à se concentrer, respecter les consignes, rester assis, la mémorisation, la motricité, l’imagination, la socialisation, vivre ensemble …

Et, puis il y a aussi : les mots que l’on a jamais dits à la maison, les jeux que jamais nous lui avons montrés, des conflits dont on aimerait bien le protéger… J’assimile l’école à jungle. Il faut apprendre à y vivre et cela n’est pas simple ! Mais, ne t’inquiète pas mon fils, je serai toujours là pour t’écouter et te soutenir dans tes problèmes !

Être parent, c’est un travail à plein temps ! Ce sont des angoisses quotidiennes sur ce qu’ils font, ne font pas, comment ils le font, avec qui ils le font, pourquoi ils le font…
Tant que question que l’on essaye d’anticiper, pour sa protection, par le biais de l’éducation. Chacun d’entre nous leur inculque des valeurs, des principes, mais le temps que les parents leur accordent change tout !
Passer du temps avec son enfant le fait évoluer, grandirIl apprend à vous connaitre : ce qui vous fait plaisir, ce qui vous énerve aussi. Vous êtes un modèle. Votre enfant à besoin de vous, de cadre (poser le non, mettre et tenir des interdits en expliquant la raison : loi, danger…), d’attention pour se construire et apprendre à différencier le bien du mal !

Nos paroles sont une vérité absolue pour eux ne l’oublions pas !

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