Le séjour à la maternité est un moment important pour le bébé, mais aussi est surtout pour le ou les parents. C’est un lieu qui offre un accompagnement afin d’entrer dans cette nouvelle vie et ce nouveau rôle de parent.
Le Retour en Chambre Après l’Accouchement
Une fois en chambre vers 19 h 30, mes parents attendent à la porte — à mon grand regret — et mes beaux-parents vont arriver d’une minute à l’autre. Pour rappel, j’aurais bien voulu que personne ne vienne. Je n’ai pas envie de parler, et je n’ai pas envie que des personnes prennent mon bébé dans leurs bras. Je ne peux malheureusement pas dire à tous les membres de nos familles respectives de ne pas prendre notre fils aux bras. Pas le choix, je prends sur moi….
Une fois en chambre, mon conjoint est toujours en peau à peau avec « bébé », ce qui me réjouit car personne ne va demander à le prendre !
Ainsi, ma famille et ma belle famille nous rendent visite. Je ne suis pas particulièrement fatiguée, j’ai juste envie de me retrouver seule avec mon conjoint et notre bébé. Je regarde l’heure avec beaucoup d’insistance, les visites se terminent à 20 h.
20 h 30, les auxiliaires viennent nous voir et demandent à nos familles de partir !
Enfin seuls ! L’anesthésie fait toujours son effet et mon conjoint me donne « bébé » pour lui donner le sein.
Je n’ai pas vraiment confiance en moi et j’ai peur de ne pas y arriver seule ou qu’il ait froid. Le regard des autres me pèsent: je vais passer pour une incompétente.
Je me raisonne et je me dis aussi que je suis là pour apprendre. Savoir changer et habiller un nouveau-né n’est pas une chose innée ; cela s’acquière avec de l’expérience et des conseils. Je me décide à demander à une auxiliaire de le faire, elle accepte aussitôt sans dire un mot. Une fois les affaires données, je demande qu’on puisse m’aider à me lever, pour que je puisse observer ses gestes. Il est si fragile…..
Les Premiers Instants de l’Allaitement
Je souhaite allaiter, j’ai une idée bien précise de ce que cela peut être. Pour moi, c’est un phénomène merveilleux. Un moment très privilégié avec mon enfant.
Le retour en chambre est accompagné de conseils de la part des auxiliaires. Elles me disent quand et comment le mettre aux seins ainsi que les différentes positions afin que je trouve celle qui nous correspond le plus. Elles me demandent également de noter les heures où il réclame et combien de temps il tète. Cela est assez compliqué, car mon fils s’endort beaucoup au sein alors comment savoir quand il a fini ? (Petite Note explicative : Afin que la montée de lait puisse se faire dans des conditions optimales il est nécessaire que le nouveau-né tète régulièrement. Le mouvement/l’action de succion réalisée par le bébé stimule la montée de lait. Cette dernière a généralement lieu dans les 3 jours suivants.)
La mise aux seins est tout simplement magique.
Tellement magique que nous sommes le deuxième jour, et je n’arrive pas dormir depuis mon arrivée à la maternité. L’excitation de cette nouvelle vie et de l’allaitement a pour effet que je ne parviens pas à fermer l’œil.
Au petit matin du deuxième jour, la sage-femme me demande comment s’est déroulé la nuit et me demande si j’ai dormi. Lorsque je lui réponds, non en rajoutant que je ne suis absolument pas fatiguée, elle me rétorque que cela est normal. Toutefois, il est important que je me repose pour arriver à tenir et m’occuper de mon bébé.
Cependant, je suis en admiration d’amour devant mon conjoint qui tient notre enfant dans ses bras ou quand il dort. Je passe tout mon temps à le manger des yeux !
Les Saignements après l’Accouchement
Le corps semble se « venger » de ne pas avoir eu ses menstruations durant 9 mois. On a l’impression qu’il se rattrape au moment de l’accouchement. Je perds énormément de sang. Ce phénomène est à différencier du retour de couche. Il faut me changer très régulièrement et ceux pendant de nombreuses semaines. De mémoire, je dirai que cela a duré un mois. Les saignements varient d’une femme à une autre.
Les Premiers Pleurs de « Bébé »
Les premiers pleurs se déclarent à la maternité. Le bébé a en sa possession qu’un moyen seul de communication : les pleurs. Il communique avec des cris afin de nous faire comprendre qu’il a faim, qu’il a peur, qu’il a besoin de nous, qu’il a besoin d’être changé...
Les premiers cris peuvent être déstabilisants, surtout si les parents ne parviennent pas à calmer le bébé dans les minutes qui suivent.
Avec mon conjoint, nous nous sentions impuissants face à ses cris que nous n’arrivions pas à calmer. J’ai demandé à l’auxiliaire présente de venir dans notre chambre. Encore une fois, j’ai peur de mal faire. Peut-être ai-je oublié de faire quelque chose ?
Ce soir-là, la professionnelle nous rassure en nous disant que certains bébés pleurent à la tombée de la nuit. Ils ont seulement besoin d’être rassurés, besoin de notre présence. Cela peut se calmer plus ou moins rapidement.
Ainsi, nous essayons d’accueillir ses pleurs du mieux que nous pouvons.

Le Premier Bain
Après 24 h, les auxiliaires me disent que nous pouvons laver « bébé ». Le premier bain est tout simplement merveilleux. Une auxiliaire l’enveloppe dans un drap blanc de la tête aux pieds. Seuls les yeux, la bouche et le nez sont en dehors. L’auxiliaire m’explique qu’elle l’enveloppe comme cela afin de recréer l’utérus dans lequel le bébé s’est trouvé pendant 9 mois.
Une fois dans l’eau, « bébé » est totalement détendu. Cela semble lui convenir. Les bras et les jambes sont détendus et relâchés. Elle nous montre comment lui laver les oreilles, lui donner les vitamines puis, elle le pèse. La sortie de la maternité dépend de la prise de poids. En effet, j’ai appris que le nourrisson perd du poids à la naissance pour finir par en reprendre.
N’hésitez pas à immortaliser ce moment unique en vous autorisant à prendre des photos.
Les Désagréments pendant le Séjour
L’oubli du Gynécologue
Comme je vous le dis dans l’article : Mon Accouchement, j’ai eu des points de sutures vaginaux. Cela fait deux jours que j’ai accouché et je sens une chose qui vient de tomber de mon vagin. Je pense immédiatement que cela est sûrement du sang, je me rends aux toilettes. En y allant je trouve une grosse boule, de je ne sais quoi, dans ma culotte. En l’examinant de plus près, j’ai l’impression que ce sont des compresses qui forment une boule. Pas rassurée, j’appelle la sage-femme.
À son arrivée dans la chambre, lorsque je lui montre cette boule, je vous assure que son expression faciale ne m’a pas du tout mise en confiance… Elle me dit que ce sont bien des compresses et que cela a dû arriver suite à la pose des points de sutures. Un oubli de la part du gynécologue ! FABULEUX …!! Une vague d’angoisse m’envahit. Y en a-t-il d’autre ? Comment des compresses peuvent être oubliées ? Quels sont les risques d’infections ? Après m’avoir ausculté, la sage-femme me dit qu’il n’y en a pas d’autre. Je pense que c’est la fin du cauchemar.
Le baby blues
Dans le courant de la journée du lendemain, le troisième jour, il s’est déroulé tout un tas d’événement. À croire que le baby blues commence ou bien que tout va de travers au même moment !
Tout d’abord, une psychologue passe pour nous parler de son rôle et nous dit qu’elle est disponible si nous en avons besoin : la mère, mais aussi le père. Elle nous explique les étapes du baby blues et nous dit que cela existe aussi chez le père. Avant de partir, elle nous demande si nous ressentons ce qu’elle a décrit. Nous répondons tous deux : non. Toutefois, je ressens EXACTEMENT ce qu’elle décrit… Une fois partie, je me tourne vers mon conjoint et je lui dis :
« – Tu vois tout ce qu’elle a dit ?
– Oui et bien quoi ?
– (Je me mets a pleuré) C’est exactement ce que je ressens ! »
Il se met à rire de manière très affectueuse et me prend dans ses bras. Au vu de mon état, dès le matin, je sentais bien que le baby blues commençait. Néanmoins, l’entendre c’est toujours plus difficile. C’EST PARTI POUR CE FAMEUX BABY BLUES et il a duré un bon moment.
Ensuite, dans le courant de la journée, je sens à nouveau quelques choses tomber dans ma culotte !
« Oh non… j’espère que ce n’est pas encore une boule de compresse »
Malheureusement s’en est encore une ! Je me mets à pleurer, ce n’est pas le jour, je pleure pour un rien.
Une sage-femme vient me voir et me dit la même chose que la professionnelle de la veille :
« – Je vais vous occulter pour vérifier qu’il n’y est pas d’autres.
– Votre collègue de la veille la déjà fait et elle n’a rien trouvé, visiblement elle s’est plantée. Alors pourquoi avec vous ça serait différent ?
– Laissez-moi regarder, faites-moi confiance. »
Je n’ai pas vraiment le choix, je la laisse faire. Lors de l’auscultation, je sens qu’elle touche quelques choses. Elle sort une troisième boule en me regardant avec un air un peu désespéré. Elle y retourne une seconde fois et m’affirme que cette fois c’est fini.
Je pleure à nouveau. Elle décide de faire un dessin de mon vagin et m’explique où elle est allée, me montre comment cela est fait. Elle affirme avoir exploré chaque recoin.
Je vous avoue que cette explication a un effet libérateur sur moi. Quelle histoire de fou quand j’y repense.
Les Deux Gros Plus
En dehors de mes angoisses et des petits désagréments que j’ai subis, il y a eu bien sûr des moments très agréables.
- La présence constante de mon conjoint : En effet, j’ai la chance d’avoir eu mon conjoint à nos côtés durant tout le long du séjour. Cela a été un vrai soutien psychologique, physique et une oreille attentive précieuse.
Je pense pouvoir dire que l’arrivée du premier enfant fait peur. Pouvoir être deux à se poser les questions, aide à se rendre compte que nous sommes complémentaires. Enfaite, on se rassure mutuellement tout en se faisant confiance. J’admire énormément les femmes qui font un bébé sans un conjoint à leur côté.
Ainsi, si vous avez la possibilité d’être deux pendant la durée du séjour, sachez que c’est une chance immense ! De grands moments de partage garantis.
- La séance photo à 3 : Une photographe est venue dans notre chambre, dans le courant de l’après-midi du fameux troisième jour. Elle nous dit qu’elle est mandatée par la maternité pour faire une séance photo avec le bébé si cela nous intéresse. Bien évidement nous avons sauté sur l’occasion. Durant la séance photo, la photographe nous confirme qu’il est très rare d’avoir le père sur les photos de la maternité. Cela a été un moment familial très agréable et nous a permis d’avoir de précieux souvenirs.