Un nouveau départ à trois, un sentiment d’amour infini envers ce petit être qui capte toutes nos attentions, un épuisement physique et psychique. Personnellement je ne me réjouis pas de devoir passer par la maternité. Néanmoins, une fois dans le service je me rends compte que les professionnels sont présents pour me rassurer, m’accompagner et me montrer comment s’occuper de bébé. Finalement, je ne veux pas partir. Le retour à la maison avec bébé m’inquiète et soulève beaucoup de questions et de doutes.

Le Retour à la Maison
Les moments de doutes sont si nombreux. Ce changement de vie est brutal. Déjà enceinte, j’ai du mal à me faire à l’idée que je vais être maman, et cela est toujours très abstrait même après l’accouchement.
D’autant plus que la venue de ce petit être fait naitre en moi des angoisses que je ne connais pas, et cette envie de « bien faire », de faire « au mieux », je ne veux pas me tromper... Je suis déjà épuisée rien que d’y penser.
(Afin de situer un peu plus ce que je vais raconter, je suis amenée à me retrouver seule avec mon fils pendant 24 à 48 h du fait du travail de mon conjoint. Ainsi, passer le relais n’est pas toujours possible)
L’épuisement Physique
L’enchainement des nuits et des journées qui se ressemblent sont épuisantes. Je n’ai plus aucun moment pour moi. J’arrive à peine à me rendre aux toilettes ou aller me laver. L’allaitement rend cette nouvelle vie compliquée. Je dors très peu. Les trois premiers mois, mon fils se réveille toutes les 2 à 3 H et passe ses journées éveillées et parfois à pleurer. Il est rare que les journées et les soirées soient calmes.
Aux alentours de 23 h, mon fils se met à pleurer, sans que je sache pourquoi ?, et ceux jusqu’à 3/4 h du matin. Rien ne le calme et surtout pas moi ! Sent-il que je suis trop fatiguée ? Sent-il mon lait ? Il est dit qu’un enfant n’arrive pas à se calmer s’il sent le lait maternel, cela à l’effet contraire : l’excitation.
Avec mon conjoint nous avons tout essayé : lui faire prendre un bain / lui donner le sein / le prendre dans nos bras / le changer / marcher avec lui dans les bras / les chansons / les massages … Quoi d’autres encore …?! Les bruits blancs aussi.
Les bruits blancs ce sont des sons tel que le bruit de l’aspirateur, la pluie qui tombe, le son des vagues, le son d’un sèche-cheveux ou encore les battements de cœur. Ce sont des sons qui ont une vertu apaisante sur certains adultes et sur les bébés.
Est-ce la potion magique pour endormir « bébé » ? Je n’ai pas la réponse, il faut essayer et y croire ! Dans notre situation, les bruits blancs ont pu l’apaiser quelques fois. D’ailleurs, c’est peut-être la seule chose qui parvenait à le calmer un peu, ainsi que les allers-retours en marchant dans les bras de mon conjoint, pas les miens. Je n’ai pas trouvé de solution magique. Cela s’est arrêté du jour au lendemain vers ses 2 mois et demi / 3 mois : c’est extrêmement long !
Nerfs à Vifs
L’épuisement joue énormément sur mon moral. Mon fils n’est pas un bébé « facile ». Il y a des bébés qui ne pleurent jamais, ce n’est pas le cas du mien. La journée j’arrive à garder la tête haute et à faire des activités avec lui et mon conjoint. Cependant, les nuits restent très difficiles durant de nombreux mois.
Les trois premiers mois sont marqués par les pleurs nocturnes (23 h -> 4 h) qui sont difficile à calmer. Je me trouve à de nombreuses reprises TOTALEMENT démunie. Quand je dis que je suis démunie, je veux dire que je suis dépassée. J’en perds le contrôle, j’en arrive à me replier sur moi-même dans une pièce différente, allongée sur le sol à pleurer toutes les larmes de mon corps ou encore à devoir m’isoler afin de ne plus entendre les pleurs de mon fils. Ces moments sont très difficiles, je culpabilise beaucoup de ne pas arriver à calmer mon fils.
« Je suis une mère indigne ! » voila ce que je pense de moi.
Néanmoins, lorsque je m’isole, je pleure un bon coup, et cela me permet de revenir 1 minute plus tard auprès de mon fils, plus décontractée. Ces moments de relâchements, que je m’accorde, me permettent de me rappeler qu’il n’y est pour rien et que je me dois d’être à ses côtés et d’accompagner ces pleurs ! C’est mon rôle.
Paradoxalement, cet état de fatigue et de nerf dans lequel je me trouve n’influe pas sur notre couple. Nous nous parlons beaucoup et mon conjoint prend le relais lorsque je lui demande ou quand il s’aperçoit que je suis à bout. J’ai beaucoup de difficulté à laisser mon fils à quelqu’un d’autre même à son papa. Pas parce que je ne veux pas le donner, mais parce que cela me renvoie que je suis incapable de calmer mon fils alors que, pour moi, c’est un rôle qui m’incombe de fait.
De plus, mon fils ressent tout ce que je ressens, le calmer lorsque je suis épuisée semble être une tâche quasi impossible ! Passer le relais, c’est le mot clé.
Le Baby Blues
Qu’est-ce que le baby blues ?
Il est important de différencier « baby blues » et « dépression ». Le baby blues est un état émotionnel qui varie d’une femme à une autre, c’est en quelque sorte la chute des hormones sécrétées durant la grossesse.
Ce dernier peut débuter durant le séjour à la maternité et se terminer quelques jours plus tard. Il rend la mère mélancolique. Comme « un deuil » de la vie passée, des moments de regrets, de pleurs ou encore un sentiment de colère. Pendant le baby blues, une mère peut être traversée par des réflexions ou des questions qui restent impensables pour d’autres personnes! Je ne suis pas d’accord, au contraire, n’hésitez pas à partager vos questionnements, doutes, craintes, remords face à ce que vous vivez, avec votre conjoint ou des personnes en qui vous avez confiance. Vous n’êtes pas la seule à avoir des pensées « honteuses ».
Néanmoins, vous serez peut-être la seule à oser révéler vos pensées inavouables. En parler peut vous permettre d’avancer, de vous libérer d’un poids afin de vous rendre compte que ce bébé est maintenant avec vous pour le meilleur et le pire.
Si les sentiments de doute, les pleurs durent trop longtemps (au-delà de 15 jours à un mois) ou que vous avez du mal à ressentir de l’amour envers votre bébé, n’hésitez pas à en parler autour de vous et à aller voir un spécialiste qui peut vous accompagner.
Une petite précision : le baby blues n’est pas un passage obligatoire. Certaines femmes ne ressentent rien de différent après l’accouchement. Pas d’inquiétude à avoir, profitez pleinement de cet heureux événement.
Dans mon cas, le baby blues a débuté à la maternité et a duré environ 3 semaines. J’ai du mal à reprendre le dessus sur la fatigue et cela m’empêche de profiter des moments avec mon fils. Je m’empêche de faire des sorties, « au cas où » il aurait faim, qu’il ne pourrait pas dormir comme il le souhaite, qu’il commencerait à pleurer et que je ne parvienne pas à le calmer…
Je pleure beaucoup. J’ai aussi du mal à écouter les conseils, à passer le relais et il faut que mon fils soit continuellement dans mon champ de vision. Heureusement, cela s’arrête un jour et la vie reprend son cours.

Retour à la Maison avec Bébé: Comment gérer son nouveau rôle de maman et sa vie de couple?
Les parents apprennent leur rôle durant les premiers mois de vie de bébé. Ils apprennent aussi à vivre non plus à deux, mais à trois. C’est une nouvelle organisation qui demande un dialogue et une écoute l’un envers l’autre.
Le Rôle de Parents
Ce n’est pas un rôle facile. C’est un vrai métier, à la seule différence qu’il n’y a pas de formation, nous devons apprendre sur le tas. Une des clés est de nous faire confiance. En effet, nous souhaitons le meilleur pour nos enfants alors l’instinct y fait beaucoup.
Une chose qui pour moi est primordiale : avoir parlé avec votre conjoint·e avant d’avoir un enfant. Parler de l’éducation, des choses qui sont importantes pour l’un et pour l’autre. Cela permet, une fois l’enfant présent, d’éviter certaines tensions dans le couple.
Chacun des parents va devoir apprendre à trouver sa place dans ce nouveau système familial. Face à réaménagement laissez-vous la possibilité d’entendre ce que votre partenaire a à dire sans le prendre trop à cœur au moment venu. Écoutez-vous, le père et la mère veulent la même chose : le bien de leur bébé !
Votre couple
Avec l’arrivée d’un enfant, le couple doit apprendre à revivre ensemble. Pour mieux comprendre ce qu’il se passe à l’arrivée d’un enfant je vais essayer de vous imager cela.
Vous êtes sur un tapis volant avec votre conjoint(e): la vie à 2. Sur ce tapis, vous avez dû trouver votre équilibre afin de ne pas tomber. Vous avez bougé, dans un coin puis l’autre en explorant tout l’espace, pour finir par trouver l’équilibre parfait, cela peut prendre de nombreuse semaine / mois / année. Puis l’enfant arrive, il va falloir laisser entrer cette 3ᵉ personne sur VOTRE tapis. Un nouvel équilibre va devoir être trouvé. Il y a un poids en plus, et le but : ne pas tomber.
Alors le couple doit accepter de bouger à nouveau, de casser l’équilibre parfait qu’ils avaient trouvé sur leur tapis. Cela passe par un premier élément majeur : se rendre compte que l’équilibre parfait du début va devoir être différent et a besoin d’être réajusté. Cela passe par de la communication, de l’écoute mutuelle et parfois des compromis.
L’arrivée d’un bébé est bouleversante pour un couple. Le seul conseil que je peux vous donner est l’écoute que vous allez devoir vous accorder. Parlez-vous sans gêne et sans vous faire de reproches, soyez ensemble, main dans la main face à ce nouveau rôle.
Rien est inné, tout s’acquière avec de l’expérience et en faisant certaines erreurs, n’oubliez pas les personnes ressources qui vous entourent comme avec le soutien des familles respectives. Si un besoin insistant se fait ressentir vous avez la possibilité d’être accompagné par des professionnels qualifiés.
De plus, ne vous oubliez pas dans vos rôles de parents. À présent, vous êtes des parents, mais avant cela vous étiez un couple. Un couple a besoin de se retrouver, de se câliner, de passer des moments ensemble afin de trouver un nouvel équilibre. Chacun de vous a des besoins que l’autre sait combler, ne l’oubliez pas. Les mamans : vous êtes des femmes avant d’être une mère. Sachez que combiner ses deux rôles est une chose possible, il suffit d’en avoir envie.
La Famille : Une Ressource Importante
L’arrivée d’un enfant bouleverse aussi la cellule familiale de chaque parent. Les papis et mamies veulent être présents. Être un couple, endosser le rôle de parents et inclure les grands-parents demandent beaucoup d’énergie.
La force d’une famille est de pouvoir et de savoir s’écouter. Les grands-parents sont importants dans la vie de l’enfant, un juste milieu doit être trouvé afin de permettre à chaque personne de ne pas envahir l’espace de l’autre.
Dans le cas où les relations peuvent être compliquées, autorisez-vous à parler avec vos parents respectifs. Cela permet d’expliquer comment vous voyez les choses avec votre conjoint·e et dans quel état d’esprit vous vous trouvez.
Avez-vous besoin d’un soutien de leur part ? Avez-vous besoin que papi et mamie soient discrets ? Acceptez-vous leurs conseils ? Préférez-vous qu’ils vous laissent faire avant de vous donner des conseils ? Avez-vous besoin qu’ils soient présents pour vous garder le bébé dès les premiers mois ou non ? Etc…
L’arrivée d’un bébé peut bouleverser votre petit monde.
En effet, cela fait émerger tout un tas d’inquiétudes, de questions, de doutes et de réajustements qui se bousculent dans votre esprit.
Parlez-en avec votre entourage, personne ne peut vous reprocher de parler de ce que vous ressentez. Les reproches sont bien sûr très durs à entendre pour chaque personne. Essayez au maximum de parler de ce que vous ressentez. Amorcez la discussion en évoquant des faits qui ont eu un impact sur vous : « Quand tu fais/dis telle ou telle chose …. Ça me fait ça… Ça me fait penser que je suis comme ça … » Cette formulation vous permet de vous sortir de situations parfois délicates.